Non, la pandémie ne tue pas les projets !

La situation actuelle met en lumière les difficultés qu'ont les associations, quelle que soit leur taille, à collaborer entre elles. 
Pour beaucoup, collaborer équivaut à s'allier à la "concurrence". 
Or, la mutualisation des moyens et des compétences permet proposer des projets utiles, innovants et répondants aux enjeux territoriaux repérés. 
Comment continuer à proposer des projets face à la crise actuelle ? Une remise en cause de ses pratiques est-elle utile ? 
Voici quelques pistes de réflexion.


Agir pour se préserver ?


Proposer des actions afin de justifier de son existence est tentant.
En langage journalistique, on pourrait comparer certains projets au marronnier : le sujet récurrent, sans risque, et qui apporte de l’eau au moulin.
Ainsi, un certain nombre d’actions sont proposées de façon monotone et récurrente, aux adhérents des associations. La remise en cause de ces actions n’est pas à l’ordre du jour, puisqu’elles sont considérées comme un besoin.


Toutefois, ce besoin est-il identifié par les adhérents ou par l’équipe de professionnels ?


A l’instar de l’atelier cuisine du lundi après-midi, ce dernier est-il véritablement plébiscité par les publics ? SI tel est le cas, l’est-il dans la forme proposée ?
Aussi, face à un public qui peine à se renouveler ou qui manque de motivation, la question du sens est essentielle.

Revoir ses pratiques professionnelles ?


Collaborer, c’est avant tout travailler avec son public sur des projets qui l’intéresse.
Ainsi, les actions mises en place sont un moyen ( et non un objectif ) pour l’animateur. L’objectif est d’amener les publics à des fins pédagogiques pertinentes.
Par exemple : Un atelier cuisine pourrait se transformer en ateliers des saveurs, avec des thématiques particulières : décliner les lentilles en 10 plats savoureux et économiques ( et en profiter pour travailler sur l’apport nutritionnel des légumineuses), concocter ses curry ( et présenter d’où viennent les épices et expliquer en quoi il est important d’en vérifier la provenance), ou encore confectionner les pains du monde ( et travailler sur les farines, et l’importance de leur qualité de production) etc.


Par conséquent, le rôle de l’animateur est d’accompagner le public dans sa réflexion, autour des actions et des projets.
Le temps du programme d’animations socioculturelles figé et répétitif est terminé !
Faites place à l’innovation !

Certaines structures l’ont bien compris, en ces temps difficiles où l’accès des publics dans des structures est compliqué.
Quelques projets en ligne ont pu ainsi voir le jour et des ateliers, des vidéos et des webinaires ont été proposés, avec succès, aux adhérents.

S’il faut retenir quelque chose de cette crise sanitaire, c’est l’innovation dans la relation à l’autre que ce soit en terme de projet et en terme de communication !

Pas évident ?
Certes.
Et pourtant, nous devons avancer… sous peine de voir le projet associatif s’éteindre.


Collaborer ensemble, avec des moyens différents


A cause de cette pandémie, les relations de travail ( et de collaboration) ont été réorganisées : le télétravail a fait un percée fracassante !
Certaines personnes apprécient, d’autres moins.

La visio au top.

Toutefois, nous constatons que les plateformes de visio conférence permettent de se réunir de façon plus efficace. Elles permettent d’économiser du temps et de l’argent ( moins de déplacements, plus de disponibilité).

Ce type de réunion nous oblige à revoir nos modes de fonctionnement, notamment en ce qui concerne l’efficacité et la prise de décision.
ENFIN !! La « réunionite », maladie bien française qui consiste à se réunir des heures pour ne rien décider, commence à reculer.
Mieux organisées, les réunions en visioconférence permettent de réunir des personnes éloignées physiquement, afin de travailler sur un ordre du jour bien établi et surtout avec un animateur ( l’organisateur de la visioconférence) clairement identifié.
Certes, on ne pourra pas éviter les échanges stériles … mais ils sont écourtés par la capacité de mettre fin aux conversations en un clic.
(Oooppss… j’ai été déconnecté… ça vous parle ? ).

Mails, plateformes de transmission, l’administration devient digitale



Les mails ( courriels) sont devenus le moyen de communication le plus utilisé, notamment pour transmettre des documents.

Et même les administrations s’y sont mises, en proposant des plateformes où l’on peut télécharger nos documents: de l’appel à projet, en passant par un dossier pour accueillir des volontaires en service civique, ou pour déposer une facture… de nombreuses démarches sont ainsi facilitées depuis le début de la pandémie.
On ne peut que saluer ici l’énergie déployée par les différents acteurs pour mettre en place ces communications digitales !


Collaborer… alors qu’on n’ a pas de visibilité ?


(spoiler : autopromotion... on se vautre dans les pétales de roses. une fois n'est pas coutume)


Evasion, pour celles et ceux qui la connaisse, est une petite association. L’équipe au coeur des projets est très réduite ( une dizaine de personnes) et est constituée uniquement de bénévoles et de deux volontaires en service civique ( venus nous rejoindre fin 2020 et début 2021).

Pour autant, les idées fusent, et notre objectif est de mettre en place les projets , tant que cela est possible.
Ce n’est pas de tout repos que de convaincre certains partenaires à intégrer nos projets. Malgré cela, nous y arrivons ( enfin on est bien aidés quand même, parce qu’on a un super coordinateur projet )

A Evasion, nous avons décidé de ne pas laisser cette pandémie nous arrêter.

Alors, c’est à nous de nous adapter et d’adapter les projets et les actions, en fonction de la situation. C’est stressant. Ça demande de la flexibilité, de la prise de recul... et beaucoup de concessions... mais les résultats sont là.

Nos projets 2020 et 2021 sont toujours collaboratifs


En 2020, Evasion a maintenu les projets de l’axe prévention à la sécurité routière, en adaptant les actions. Certains partenaires ont préféré suspendre leur participation, d’autres sont venus rejoindre les projets… comme quoi tout est possible.
Evasion a aussi participé aux estivales de Roubaix XXL, avec des bénévoles et des animateurs pour animer des ateliers de prévention en sécurité routière.


Le projet de coopération internationale avec le Sénégal a été aussi revu, pour faire face à la pandémie : la réhabilitation du dispensaire et la construction du puits ont été reportés de deux mois et sont maintenant terminés, grâce à la mobilisation des équipes bénévoles Sénégalaises et Françaises !

Quant à la réhabilitation du champ pour le groupement de femmes de Samkedji, il a été reporté mi 2021, pour permettre à un groupe de jeunes français d’aller sur place.


En 2021, Evasion porte plusieurs projets, en collaboration avec d’anciens et de nouveaux partenaires.

Comme d’autres, nous avons une visibilité très limitée. Mais cela ne nous empêche pas de porter les projets et d’imaginer des actions innovantes et en collaboration avec des partenaires motivés, eux aussi. Certes, nous mettons certaines idées en pause… mais cela ne nous empêche aucunement de les développer pour les mettre en oeuvre à des moments opportuns ( tout vient à point qui sait attendre)

Nous, petite association « de rien » y arrivons.

Cela démontre que la force des projets réside en leur sens et en la motivation des personnes qui les portent.

Il est indispensable de rester positif, mais surtout de s’obliger à remettre en cause nos modes de fonctionnement et peut-être accepter de prendre des risques en sortant de notre zone de confort.

Et vous?
Comment arrivez vous à proposer des activités associatives durant la pandémie ?
Pensez-vous que les nouveaux moyens de collaborer sont un avantage?

N’oubliez pas…. Il suffit d’une idée pour qu’un projet éclose…



Projet de coopération internationale : coopérer sereinement

Groupe

Depuis quelques années, Evasion accompagne des groupes de jeunes dans des projets de coopération internationale, notamment en Algérie et au Sénégal.

En décembre 2019, «  un puits pour le Sénégal » est mis en oeuvre , après plusieurs mois de mobilisation. 

Toutefois, se lancer dans un tel projet requiert pugnacité et réelle volonté de voir aboutir le projet.

On vous explique tout ici…

Une idée, aussi noble soit-elle, n’est pas toujours réalisable. 

Vous souhaitez mettre en place un projet de collaboration avec une association située dans un autre pays. Que ce soit sur les thèmes de l’Education,  de la santé  ou encore du développement durable, il est nécessaire de vérifier certains points indispensables à la faisabilité de ce projet. 

Pertinence, efficacité, efficience, Impact et durabilité

La pertinence: 

Elle se définit par l’adéquation des objectifs et des action entreprises afin de répondre aux besoins prioritaires. 

Elle correspond à un moment T de la situation donnée. IL faut être sur que l’action réponde aux besoins de la population. Cette analyse des besoins doit être effectuée avec le partenaire local. 

L’efficacité: 

L’efficacité se définie comme la relation entre les objectifs fixés et les résultats obtenus. L objectif est d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixé.

C’est la relation entre les résultats obtenus et les couts/les ressources mis en oeuvre pour y parvenir. 

L’efficience : 

Le taux d’efficience permet d’évaluer à quel prix certains résultats ont été atteints, et de vérifier si cEt investissements ( en cout et en temps) est adapté aux bénéfices obtenus. 

Efficience =  Investissement  économique adéquat  > Résultats/bénéfices considérables

Impact : 

L’impact montre les effets à plus ou moins longs termes du projet : évaluation des effets du projet sur le contexte tels que les bénéficiaires, les équilibres locaux etc…

La durabilité

C’est la capacité des résultats positifs à se prolonger au delà des limites de temps effectives. On vérifie alors que le projet a les capacité de d’agir dans le temps indépendamment de l’ONG et des partenaires locaux. Il existe plusieurs type de durabilité à évaluer : 

Economique :

Quels sont les revenus générés, depuis quand est ce autonome ?

socio-culturelle : 

Comment les changement socio-culturels sont acceptés par les bénéficiaires, depuis quand n’y a t-il pas de conflits sociaux ou culturels ? 

Environnementale : 

Quels sont les effets positifs ( ou neutres) sur l’environnement? Les ressources sont elles générées de façon équitable et prudente ? 

Institutionnelle : 

Quels sont les changements générés par le projet et contrôlés par les partenaires locaux ?  : gestion du projet sur le plan administratif et institutionnel, 

Quelles est la capacité des bénéficiaires de gérer le matériel ou la structure et de garantir sa maintenance?

Quel est le niveau de participation et d’acceptation de l’autorité publique du projet ? 

Etre motivé sur le long terme est épuisant …

Vous êtes aux prémisses du projet, plein d’entrain, d’idées et de volonté.  Prêts à franchir monts et vallées pour arriver à vos objectifs, personne ne vous arrêtera !

Mais il y a… le groupe…

Avec son fonctionnement imparfait,  le groupe connaît une remise en cause régulière de l’intérêt de chaque individu dans ce projet commun. C’est un fait : dans chaque groupe composé, figure un ou des leaders et une majorité de suiveurs, qui exécutent plus qu’ils ne décident réellement ( certes , ils votent pour des propositions, mais élaborent rarement les stratégies à suivre pour le projet). 

Cette instabilité constante ne permet pas de se reposer à 100% sur l’ensemble du groupe. C’est ainsi que l’on constate systématiquement des abandons en cours de projet, ou des participations irrégulières de ses membres, mis à part des membres directeurs. 

Si vous faites partie des membres leaders, attendez vous à ces fluctuations et acceptez les ; il faudra aussi les anticiper autant que faire se peut, en questionnant régulièrement la disponibilité des membres du groupe et leur volonté de participer ou pas à certaines parties du projet. 

  • Qui souhaite partir et qui ne le veut ou ne le peut pas ? 
  • Qui peut donner de son temps pour des actions d’autofinancement? 
  • Qui peut donner de son temps pour les actions administratives ou de communication? 

Ces questions sont importantes, car elles permettent de mieux répartir les tâches entre les membres d’un groupe projet. En effet, tout le monde n’a pas les mêmes aspirations, les mêmes envies ou besoins d’investissement personnel.

C’est pourquoi en faire l’évaluation régulière est nécessaire pour le bon déroulement du projet. 

Se faire accompagner est indispensable 

Evasion est une association dont les membres croient à la mutualisation des compétences. C’est d’autant plus nécessaire lors d’un projet de coopération internationale. 

En effet, il est important de lister les partenaires potentiels qui pourraient soutenir cette action. 

Cela concerne les partenaires qui ont une connaissance objective du pays avec lequel vous allez collaborer, qui en connaissent les us et coutumes, mais aussi l’état économique ou géo politique. Cela facilitera d’autant plus la communication avec la structure étrangère, et les éventuelles transactions. 

N’hésitez pas à contacter des associations du pays concerné, situées en France. 

Adressez vous aux associations qui ont l’habitude d‘accompagner ce type de projet  mais aussi aux associations qui ont déjà accompagné ce type de projet. 

Trouver des financements hors subventions d’Etat. 

Les temps sont durs, même pour les projets de coopération internationale. 

A titre d’exemple, et malgré un accompagnement systématique de notre projet par un partenaire habilité, Evasion n’a obtenu qu’une subvention pour un projet sur les 4 mis en oeuvre…

Pour palier à ce manque important de financement, il a fallut réécrire le projet, réduire les coûts, trouver d’autres sources de revenus, et souvent, demander une prise en charge du coût du transport par les bénévoles eux mêmes. 

Cela entraine un impact non négligeable sur la motivation du groupe, notamment lorsqu’après plusieurs heures de rédaction projet, de réunions avec divers acteurs et d’actions d’autofinancement, on vous notifie du refus pur et simple de la demande de subvention. 

Anticipez la possibilité importante de ne pas être subventionnés. Posez vous la question, dès le départ, de savoir si vous continuerez le projet ou non, si oui avec quelles conditions, et si non, que ferez vous des fonds déjà récoltés pour le projet ? 

Communiquez un maximum avec votre partenaire étranger

Car celui ci est et doit rester un PARTENAIRE ACTIF du projet, et non être en position d’assistanat. 

Pour cela, instaurez dès le début des règles simples  sous forme de convention bipartite : 

  • Chaque partenaire doit contribuer au projet financièrement ou en nature, à hauteur de ses moyens.
  •   Le partenaire étranger s’engage à fournir toutes les pièces administratives indispensables à la constitution des dossiers  
  • Il s’engage à effectuer toutes les demandes officielles nécessaires auprès des différentes autorités,  afin de satisfaire au bon déroulement du projet sur le territoire concerné
  • Le partenaire étranger s’engage à participer activement au projet, que ce soit au travers la participation de ses adhérents, bénévoles, apprenants, professionnels, ou au travers la gestion matériel et logistique du projet une fois sur place.

Imposez des communications régulières avec la structure partenaire, via internet ou le téléphone. 

La transmission des informations est essentielle au bon déroulement du projet. Elle permet d’avoir une première compréhension du fonctionnement de chaque partie et permet d’établir une relation de confiance.

Si vous sentez que votre partenaire n’est pas fiable, stoppez le projet ! 

Sachez évaluer les risques et vous adapter

Ne prenez pas de risques inutiles. Rappelez vous que vous n’êtes pas les seuls à proposer des projets similaires dans ce pays… 

Si l’expérience d’un projet de coopération internationale peut être enrichissante, elle peut vite devenir  l’objet de frustrations et parfois de mise en danger inutile, à l’instar de ces jeunes Belges qui ont dues être rapatriées du Maroc par exemple. 

Soyez capables de revoir votre copie à chaque étape du projet, adaptez vous ou adaptez le dans la mesure du possible.

Pour cela, imposez vous des limites à ne pas franchir, dès le début du processus : quel coût maximum  ? Quelle nombre de personnes minimum ? Quel planning ? Quels partenaires indispensables, importants, non nécessaires ? 

Soyez flexibles mais intransigeants sur les questions de sécurité et de coût. 

Pour vous aider à mieux cerner les tenants et aboutissants de la coopération internationale, nous vous invitons à visiter le site platforma.

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Nous souhaitons au groupe de coopération internationale 2019 Franco- Sénégalais,  de profiter de ces moments de partages et d’échanges qui auront lieu les deux dernières semaines de décembre 2019. 

Retrouvez l’action sur notre page Instagram à partir du 23 décembre 2019 !

YALLAH !